« Autoriser l’Ukraine à rejoindre l’UE maintenant et négocier ensuite. »
C’est la position défendue cette semaine par Gabriel Attal, en Ukraine, à la tête d’une délégation parlementaire française composée de Pieyre-Alexandre Anglade, Député des Français établis au Benelux, Vincent Caure et Natalia Pouzyreff. Quatre ans après le début de l’invasion russe à grande échelle, ils ont fait le choix d’être là-bas, sur le terrain, pour voir et témoigner.
Plutôt que d’attendre que toutes les conditions soient réunies, Gabriel Attal, président du groupe d’amitié France-Ukraine à l’Assemblée nationale, défend une adhésion « immédiate » mais progressive : laisser l’Ukraine rejoindre l’Union européenne d’abord, puis négocier sujet après sujet sa participation aux différents programmes. « La question n’est plus « est-ce que l’Ukraine doit rejoindre l’UE » mais comment elle doit la rejoindre. Il faut être créatif et innovant », a-t-il déclaré. Une prise de position qui bouscule les traités existants et qui assume de les bousculer, alors que l’Ukraine est aujourd’hui un atout indispensable pour l’Europe et sa défense, forte de la première armée d’Europe.
Pour incarner cet engagement au-delà des mots, la délégation a participé, aux côtés du président Volodymyr Zelensky, à la commémoration organisée place Maïdan, en hommage aux victimes de ces quatre années de guerre.
À Kyiv, sur le terrain, la résistance s’organise aussi par l’innovation. La délégation a assisté à une démonstration du drone intercepteur développé par Alta Ares, startup française spécialisée dans les systèmes anti-drones fondés sur l’intelligence artificielle, déployée aux côtés des soldats ukrainiens. Une coopération franco-ukrainienne concrète, qui sauve des vies chaque jour et qui illustre les enjeux croissants de souveraineté technologique européenne dans le développement des drones et face aux nouvelles formes de conflit.
Car la Russie mène une guerre sur plusieurs fronts. En ciblant méthodiquement les infrastructures énergétiques, elle a fait du froid une arme. Face à ce front invisible, les « points d’invincibilité » sont devenus des lignes de résistance civile : des espaces chauffés où les habitants peuvent se réchauffer, recharger leurs appareils, continuer à travailler quand l’électricité n’est disponible que quelques heures par jour. Des lieux de survie, au cœur d’une guerre d’usure.
Ces réalités ont nourri les échanges avec Igor Zhovkva, conseiller du président Zelensky, autour de trois priorités : les garanties de sécurité pour un futur accord de paix, le renforcement de la défense aérienne ukrainienne et l’intégration européenne de l’Ukraine, avec un objectif politique fixé à 2027.

