« Préparez-vous, pour que cela n’arrive jamais chez vous. »
Suite de notre déplacement en Ukraine avec Gabriel Attal, Pieyre-Alexandre Anglade, Député des Français établis au Benelux, Vincent Caure et Natalia Pouzyreff. De Kyiv à Kharkiv, le tableau change, mais la brutalité, elle, reste la même. Des centaines de milliers de familles ukrainiennes fuient des logements glacés pour s’abriter dans des tentes de fortune, au pied de leurs immeubles. Le froid comme arme de guerre. L’épuisement comme stratégie.
Et pourtant. Aux côtés du maire Ihor Terekhov, la délégation a visité l’une des images les plus saisissantes de cette résistance : une école installée dans les couloirs du métro, à quelques mètres des rames qui continuent de circuler. À quelques dizaines de kilomètres du front, sous les alertes aériennes et les drones russes, des enfants étudient, des professeurs enseignent, la vie scolaire s’organise, souterraine, obstinée, debout. Grâce à l’aide de la France, des générateurs tournent pour que les cours continuent.
Plus loin, à proximité immédiate de la ligne de front, dans une usine souterraine, des drones d’interception sont produits en série par ELF Systems, équipés d’une avionique à intelligence artificielle développée par la startup française Alta Ares. La résistance ukrainienne s’organise, innove, tient.
C’est face à cette réalité que les mots de Yuriy Fedorenko frappent avec une force particulière. Trentenaire, ancien responsable politique reconverti en chef de guerre dès le début de l’agression russe, il commande aujourd’hui le bataillon de drones « Achilles », composé en grande partie d’anciens civils volontaires engagés dans la défense de leur pays. Sa phrase, adressée directement aux Européens :
« Préparez-vous, pour que cela n’arrive jamais chez vous. »
Ce n’est pas un conseil. C’est une leçon de survie.
La France est là. Et elle doit continuer à l’être.

